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Au fil des événements

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Le journal de la communauté universitaire ÉDITION DU 9 FÉVRIER 2012
Volume 47, numéro 20
 

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Le Parc technologique du Québec métropolitain a vu le jour en 1988. Il s’inspirait du Research Triangle Park de la Caroline du Nord. Aujourd’hui, le Parc réunit plus d’une centaine d’entreprises qui emploient plus de 5 000 personnes.

Vision, leadership et concertation

Réunis en colloque, des experts ont analysé le dynamisme de la région de Québec depuis une trentaine d’années, notamment sous l’angle de l’innovation technologique et de la fierté communautaire

Par Yvon Larose

Le Parc technologique du Québec métropolitain, le nouveau quartier Saint-Roch et l’Innoparc de Lévis: en une trentaine d’années, la région de Québec a réussi un spectaculaire virage technologique. Ce virage s’est traduit par la création de milliers d’emplois spécialisés. «Sans l’appui de la communauté d’affaires, des chercheurs et de nos centres de recherche, de l’Université Laval et des gouvernements, aucun de ces projets n’aurait vu le jour», affirme Jean-Guy Paquet, ancien recteur de l’Université Laval de 1977 à 1987 et actuel président du conseil d’administration de l’Institut national d’optique (INO). «La clef du succès, poursuit-il, réside aussi en grande partie dans la concertation de tous les partenaires qui ont cru à ces projets. S’ajoutent à ces divers éléments la vision, la conviction, une certaine patience et le sens de l’innovation.»

Le jeudi 2 février, à l’occasion d’un colloque du Mouvement régions et villes innovantes tenu au pavillon La Laurentienne, Jean-Guy Paquet a prononcé un discours sur le démarrage technologique de la région de Québec en 1983. Selon le conférencier, le virage technologique régional découlait de quelques constats: une dépendance trop exclusive sur la fonction publique et parapublique, une composante industrielle trop faible, des ressources universitaires et scientifiques importantes et la nécessité, pour l’Université Laval, de s’ouvrir sur son milieu.

Jean-Guy Paquet souligne que la région de Québec est en concurrence avec les autres régions du Canada et avec le monde entier. «Ce n’est jamais fini, indique-t-il. L’INO compte plus de 200 employés. Quand on dit qu’on devrait arrêter là, c’est faux. On devrait être 500 employés ou 1 000.» Et l’avenir? «Il faut faire preuve de vision, répond-il. Il faut établir nos cibles, faire des choix, augmenter notre productivité, s’appuyer sur les technologies pour soutenir nos PME, appuyer notre système d’éducation.»

Un discours de succès

Dans son allocution, François Demers, professeur au Département d’information et de communication, a analysé le discours qui domine la scène publique dans la région de Québec depuis le 400e anniversaire de la ville en 2008. «Ce discours de succès, d’enthousiasme et de volonté, soutient-il, fait comme si la région était revenue au monde à l’occasion des Fêtes du 400e et avec le maire Labeaume.»

Selon lui, ce discours de la fierté s’est construit sur une série d’«événements» depuis l’an 2000. L’un d’eux est Québec comme épicentre de turbulences politiques comme la flambée adéquiste, l’appui aux conservateurs et la vague orange. Un autre est la création de la grande ville de Québec à la suite des fusions municipales.

«Ce genre de discours, poursuit François Demers, ne pourra durer que si, entre autres, l’opposition à l’Hôtel de ville demeure faible et que si l’administration Labeaume relance constamment de nouveaux projets.» Selon lui, le discours de succès rend très difficile la lecture de l’action réelle de la Ville. «On peut se demander, dit-il, où sont les priorités devant le feu roulant de grands et petits projets.»

Penser et agir à la fois globalement et localement
Les entreprises innovantes de la région de Québec doivent considérer les entreprises des économies émergentes telles que la Chine, l’Inde ou le Brésil comme des fournisseurs, des concurrents et des acheteurs, mais aussi comme des partenaires stratégiques. C’est le message qu’a livré Zhan Su, professeur au Département de management, dans le cadre du colloque. «Il faut savoir faire différemment des concurrents principaux, explique-t-il, développer de nouvelles compétences distinctes, au lieu de préserver ce qui existe en se contentant de suivre passivement ces concurrents.» Selon lui, innover au Québec passe par certaines conditions. L’une d’elles est la nécessité de débouchés internationaux immédiats pour le produit commercialisé. «Étant donné notre population relativement petite, indique-t-il, si on veut que nos innovations soient rentables, durables, il faut pouvoir tout de suite les placer non seulement sur les marchés locaux mais aussi sur le marché international. Les entreprises innovantes d’ici doivent être globales dès leur naissance.»

Innover dans le domaine de l’environnement

En 2009-2010, le montant des subventions, contrats et partenariats de recherche divers s’élevait à 308 M$ à l’Université Laval. En 2010-2011, 43 % des fonds externes de recherche allaient aux sciences naturelles et génie. Les chercheurs de l’Université sont actifs dans de nombreux domaines en lien avec la protection de l’environnement, dont les procédés et matériaux, les énergies renouvelables, les voitures électriques, la gestion et le traitement des eaux, la valorisation de la biomasse et le développement de biocarburants. «Nous essayons de jouer notre rôle dans la chaîne de l’innovation, a soutenu Paul Fortier, vice-recteur à la recherche et à la création. On se parle, la concurrence est une bonne chose, mais il pourrait y avoir davantage de concertation.»



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