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Au fil des événements

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Le journal de la communauté universitaire ÉDITION DU 9 FÉVRIER 2012
Volume 47, numéro 20
 

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Mathieu Boucher: «Le talent naturel, ça existe, oui, mais dans le cas d’un individu qui veut devenir musicien professionnel, on parle d’une dizaine de milliers d’heures de travail».

La leçon de guitare

La recherche de l’excellence en musique est dans les cordes de Mathieu Boucher, doctorant en didactique instrumentale 

Par Renée Larochelle

«Va pratiquer ta guitare!»  Voilà une phrase que n’a jamais entendue Mathieu Boucher lorsqu’il était adolescent. En fait, c’est plutôt l’inverse qui se produisait, sa mère étant presque obligée de lui arracher l’instrument des mains afin que son fils s’adonne à des activités essentielles, telles que de manger aux repas ou de se mettre au lit le soir. «Il fallait vraiment qu’on m’arrête de jouer, c’était viscéral comme  attachement», dit Mathieu Boucher qui a reçu en cadeau sa première guitare à 15 ans, un coup de foudre immédiat.

Diplômé du Conservatoire de musique de Québec où il a obtenu à l’unanimité le prix en contrepoint et en guitare, il est aussi titulaire d’une maîtrise en didactique instrumentale de la Faculté de musique. Doctorant en didactique instrumentale, Mathieu Boucher est également chargé de cours à la faculté, en plus d’enseigner la guitare classique au Cégep de Sainte-Foy. L’enseignement représente d’ailleurs un sujet inépuisable pour le musicien qui a conçu un atelier sur la façon de tirer le meilleur parti du travail instrumental. Depuis le début du projet en mars 2010,  il a offert une vingtaine d’ateliers à travers le Québec à une clientèle allant des écoles de musique aux écoles secondaires, en passant par les camps musicaux. 

S’asseoir et travailler

«Les moyens de maximiser l’apprentissage d’un instrument, comme la gestion du temps lors des pratiques, m’intéresse énormément, souligne Mathieu Boucher. Une implication mentale totale est essentielle: il faut s’asseoir et travailler. Le talent naturel, ça existe, oui, mais dans le cas d’un individu qui veut devenir musicien professionnel, on parle d’une dizaine de milliers d’heures de travail.» Pour le jeune enfant qui commence comme pour l’étudiant du Conservatoire de musique, la motivation demeure un moteur puissant dans l’atteinte des objectifs, selon Mathieu Boucher. «Le plus tragique, c’est quand on met beaucoup d’efforts sans obtenir de résultats», convient-il. Aux élèves qui ressentent du découragement parce qu’ils ont l’impression de ne plus progresser, il proposera une pièce moins difficile ou d’un style différent, l’important étant que la personne reprenne confiance en elle.

Des trucs pour mieux apprendre, qu’on joue du piano, de la clarinette ou du violoncelle, Mathieu Boucher en a plusieurs. Tel un alpiniste au pied d’une montagne, il faut y aller par étapes, de façon structurée, en se fixant des objectifs précis. Rien ne sert donc de s’acharner et de se dire qu’on ne lâchera pas le morceau tant que la pièce ne sera pas parfaitement maîtrisée. Ensuite, mieux vaut pratiquer durant quatre périodes de trente minutes plutôt que deux heures d’affilée, pour un maximum d’attention. Comme il est prouvé qu’un élève apprend mieux au début et à la fin d’une pratique, on met alors plus de chances de son côté.

Et il y a d’autres détails à première vue insignifiants mais qui font toute la différence entre un élève qui persévère et un autre qui abandonne. «Par exemple, pour un parent, le seul fait de s’asseoir à côté de son enfant lors de sa pratique de piano et de s’intéresser à ce qu’il fait augmente les chances de réussite de cet enfant», révèle Mathieu Boucher.
 



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