Dans les déplacements allant du domicile à l’Université, les conducteurs d’automobile, tout comme les usagers de l’autobus, comptent pour le tiers des parts modales, suivis de près par les cyclistes et les piétons.
Comparés aux autres citoyens, les membres de la communauté universitaire sont beaucoup moins nombreux à prendre l’automobile, du moins lorsqu’ils se rendent sur le campus
Par Yvon Larose
Les conducteurs de la communauté universitaire prennent en moyenne 30 minutes pour leurs déplacements entre leur domicile et l’Université. En comparaison, les usagers de l’autobus consacrent 28 minutes à ces trajets «porte à porte». Les cyclistes et les piétons, eux, ont besoin en moyenne de 17 minutes.
Ces données sont tirées de l’édition d’automne d’enerInfo transport routier, le bulletin d’information du Centre de données et d’analyse sur les transports (CDAT). L’article est basé sur les résultats d’une enquête par Internet menée en novembre 2010 auprès des membres de la communauté universitaire. Les chercheurs sont les professeurs Philippe Barla et Markus Herrmann, du Département d’économique, et l’étudiant à la maîtrise en économique Nathanaël Lapierre. Plus de 5 100 personnes ont répondu à des questions portant sur leurs habitudes de déplacement entre leur domicile et le campus.
«Nous obtenons des parts modales assez différentes avec notre enquête par rapport à celles obtenues par l’enquête Origine-Destination 2006 du ministère des Transports du Québec, explique Philippe Barla. On note particulièrement une part modale de l’automobile environ 30 % plus basse avec notre enquête, alors que celle de l’autobus est un peu plus importante et que celle des modes actifs, marche et vélo, est nettement supérieure, soit plus de 80 %. Il est cependant difficile de savoir si cela reflète des changements de comportements depuis 2006 ou des différences méthodologiques.»
L’enquête en ligne révèle que la distance moyenne parcourue pour un déplacement domicile-Université est de 17 km pour l’automobile, 9,6 km pour l’autobus et 2,6 km pour la marche et le vélo. Les deux tiers des déplacements ont lieu en période de pointe. Par contre, plus des trois quarts des conducteurs déclarent que l’autobus est un mode de transport accessible pour eux. Plus de la moitié d’entre eux considère que l’automobile offre plus de flexibilité que l’autobus. Et plus du tiers estime inadéquate la fréquence du service d’autobus.
Autre aspect intéressant: environ 40 % des répondants se disent attachés à l’automobile. «Pour eux, indique Philippe Barla, l’automobile est plus qu’un moyen de déplacement. Ils auraient aussi de la difficulté à vivre sans automobile.» Plus de 45 % des répondants se disent nettement en désaccord avec l’idée de financer partiellement un système de tramway par l’imposition d’une surtaxe de 3 cents le litre sur les ventes d’essence dans la région de Québec. «On aurait peut-être pu s’attendre à une opposition plus forte, soutient Philippe Barla, puisque près de 30 % des répondants qui n’utilisent pas l’automobile pour venir sur le campus sont tout de même propriétaires d’une automobile.» Selon ce dernier, le taux de soutien à une telle mesure devrait être moindre dans l’ensemble de la population régionale puisque la part modale de l’automobile s’élève à ce niveau à plus de 75 %. L’article relatif à l’enquête en ligne peut être consulté à l’adresse suivante: www.cdat.ecn.ulaval.ca.