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Au fil des événements

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Le journal de la communauté universitaire ÉDITION DU 9 FÉVRIER 2012
Volume 47, numéro 20
 

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Jean-François Lisée: «Sur le plan politique, il me semble qu’on ne peut pas être contre la décision de faire l’indépendance du Québec».

Des conditions gagnantes

Le oui l’emporterait si un référendum sur la souveraineté avait lieu aujourd’hui, soutient Jean-François Lisée

Par Renée Larochelle

«S’il y avait un référendum aujourd’hui, le oui gagnerait.» Telle est la conclusion du message que Jean-François Lisée a transmis aux quelque 200 étudiants venus l’entendre au pavillon Charles-De Koninck le 2 février. Dans un amphithéâtre rempli à craquer, le conférencier, qui est actuellement directeur du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM), a démontré que la souveraineté du Québec était tout à fait probable, et qu’il était faux de prétendre que le sujet n’intéressait plus personne.

«Votre présence ici témoigne du contraire, a signalé l’ex-conseiller politique des premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. En fait, ce n’est pas tant la souveraineté qui fait peur que la crainte bien légitime de l’échec de la transition. Le lendemain de la défaite du référendum de 1995, beaucoup des gens ont avoué qu’ils auraient voté oui s’ils avaient su que le oui sortirait aussi fort. Dans cette veine, un sondage réalisé par le Conseil de l’unité canadienne en 2000 révélait que 52 % des Québécois voudraient un nouveau référendum sur la souveraineté s’ils étaient à peu près certains que la majorité votait oui.»  

Le passage vers l’indépendance
Au Québec, semble-t-il, il est plus difficile de faire un référendum sur la tenue d’un référendum que de faire la souveraineté. Cela dit, les Québécois ont peut-être des difficultés à composer avec l’incertitude, mais ils ne le devraient pas, selon Jean-François Lisée. Avec ses richesses naturelles, ses compétences humaines et financières, ajouté à un potentiel économique se comparant avantageusement à celui d’autres pays industrialisés, le Québec possède en effet tout pour réussir son passage vers l’indépendance. «C’est tellement près de ce que vous, comme jeunes adultes dans cette société, avez à décider quand vous quittez votre famille afin de vivre votre vie, a-t-il lancé à l’auditoire attentif. Sur le plan politique, il me semble qu’on ne peut pas être contre une décision de ce genre.»

Corruption, décrochage scolaire, cynisme, accommodements raisonnables, système de santé: les Québécois considèrent qu’ils ont bien d'autres chats à fouetter que la souveraineté par les temps qui courent. Cela dit, la bonne nouvelle réside dans le fait les Québécois se sentiraient de plus en plus Québécois et de moins en moins Canadiens, d’après certains sondages. En somme, l’identité québécoise aurait dépassé l’identité canadienne, particulièrement chez les jeunes de 18 à 24 ans. Cette évolution identitaire constituerait un puissant accélérateur sur la voie de l’indépendance, estime Jean-François Lisée. Le mouvement serait cependant freiné dans son élan par de nombreux arguments économiques brandis par les partisans d’un Canada uni. Considérant l’immense potentiel dont dispose le Québec, ces peurs n’ont plus raison d’être, a martelé le conférencier.

Selon le conférencier, bien des choses ont changé depuis 1995, date du dernier référendum où le oui a bien failli l’emporter. En 2012, les Québécois pensent différemment des Canadiens sur plusieurs sujets, que ce soit sur l’environnement, les révolutions politiques du Moyen-Orient, le Code criminel et plus encore. Enfin, Jean-François Lisée n’entretient aucune crainte sur la reconnaissance des autres pays face à un Québec souverain, soulignant au passage que le candidat du Parti socialiste français, François Holland, a déjà dit qu’il reconnaîtrait un Québec indépendant, s’il est élu président aux prochaines élections. Quant à la loi C-20 ou loi dite de la clarté établie par le libéral Stéphane Dion, «c’est une machine à bouchons pour faire peur aux Québécois», a déclaré l’ardent souverainiste.    



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